Laurie Tremblay

Mon petit coin de paradis
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Pourquoi grandir trop vite ?

Pourquoi grandir trop vite ? - Laurie Tremblay

Je suis sidérée. Delphine, ma nouvelle et trop sage petite voisine de 4 ans, a déjà perdu sa première dent hier. C'est tôt. Je lui ai parlé de la fée des dents, en lui disant que celle-ci lui ferait sûrement la livraison rapide d’une surprise la nuit prochaine. Elle m’a dit qu’elle n’était pas un bébé et que ça n’existait pas les fées. Ni les lutins, ni le Père Noël avec ses rennes, ni les princesses non plus d’ailleurs…  Mais les monstres, elle n’est pas très sûre de ça encore. Elle a seulement 4 ans !  Qui s’est permis de briser cette magie, d’étouffer son imaginaire comme ça. Sa mère, à ce qu’il paraît. Elle lui a dit que c’était des conneries et des mensonges toutes ces histoires.  Elle a sûrement dû perdre son âme d’enfant il y a longtemps, cette maman monoparentale. Elle a l’air d’avoir à peine avoir 20 ans, et semble confrontée trop tôt aux cruelles réalités du monde extérieur…

Je sais que le personnage du Père Noël est beaucoup trop exploité. On le voit partout dans le temps des fêtes, d’un centre commercial à un autre, dans les films, dans la rue, et même chez nous à Noël avec un p’tit air de ressemblance avec l’oncle Marcel. Mais il y a un moment naturel où les enfants y croient plus ou moins, et finissent par nous poser des questions avec un regard sérieux et inquiet à la fois, alors là, on peut décider de démystifier ce mythe auprès d’eux. Mais rompre brusquement, et trop tôt, le merveilleux de Noël avec cynisme, empêche les enfants d’avoir certains beaux souvenirs, et les parents aussi.

Il a été aussi depuis longtemps démontré que croire aux monstres, permet aux enfants d’affronter leurs peurs et qu’il est nocif de ne pas les accompagner dans ce cheminement. Cela leur permet d’acquérir une autonomie et poursuivre leur développement.

Je suis contre la surexploitation dans un but trop commercial, mais il y a moyen de faire un juste milieu au pays de l’imaginaire, sans pour autant faire croire que la cigogne apporte les bébés. Vous comprenez, je suis contre cette histoire de chou et de cigogne, mais les contes de fées avec leurs lots de gentils et de méchants, à mon avis, cela a parfaitement sa place dans l'évolution de l’enfant. Les enfants se doivent pouvoir vivre dans un monde fantastique peuplé de dragons, de chiens qui parlent et de héros. Ils auront tôt fait de se frotter aux dures expériences de la vie où les tortues Ninja ne viennent pas nous sauver et où la pensée magique n’existe pas.

L’imagination des enfants les aide à grandir, à prendre confiance, c’est indispensable à leurs développements. Alors il ne faut pas l’étouffer, ni la forcer. Et pour moi, avoir un ami imaginaire, croire aux contes de fées, à l’irréel, au surnaturel et aussi aux monstres, ça en fait partie. Laissez grandir les enfants et vivre pleinement leur enfance, cela leur permettra de pouvoir imaginer des solutions originales à des problèmes concrets de leur vie un jour.

 

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Écrivaine, journaliste et blogueuse, Laurie Tremblay saura vous plonger dans son univers. Après la publication de son premier essai, elle acquiert une certaine notoriété et se tourne vers le web 2.0. Tous en animant son blogue, elle participe aussi à la rédaction de plusieurs sites, où elle anime entre autre les rubriques santé et bien-être.